Pauletta Foppa : le handball d’or et déjà

En un tour de main ! À 22 ans seulement à la mi-décembre 2023, Pauletta Foppa se sacrait championne du monde de handball. Deux ans plus tôt, élue comme meilleure pivot des JO de Tokyo, elle en portait à son coup la médaille d’or, remportait le Championnat de France et la Coupe de France, et touchait à la finale du Graal qu’est la Ligue des champions, une première pour un club français. Et l’Euro ? Cela va sans dire qu’elle l’a à son palmarès, celui de l’année 2018, alors qu’elle n’en comptait que 17, faisant d’elle la plus jeune Française gagnante du titre.

Loiret un jour, Loiret toujours

De ce coup de filet se dessine un pur cas d’école. Là justement, à celle de Villemandeur dans la banlieue de Montargis, la Pauletta de neuf ans et demi y découvre le handball. « Grâce à une carte que l’on reçoit à chaque rentrée, je m’inscris à l’USM Montargis avec mes copines, retrace-t-elle. On m’y décèle du potentiel et j’intègre le Pôle Espoirs d’Orléans à treize ans. La joueuse que je suis aujourd’hui naît là-bas. » Gestes déjà automatiques et maturité grandissante, la Loirétaine connait en parallèle des sélections avec les équipes de France Jeunes, avec la Cadette revient meilleure joueuse et victorieuse de sa première compétition internationale du Monténégro en 2016. Elle goûte même à la première division française la saison 2017-2018 avec le CJF Fleury Loiret lors de sa dernière année au Pôle Espoirs d’Orléans.

Puis, le moteur s’emballe. Pauletta décroche son baccalauréat au lycée Benjamin Franklin, signe dans la foulée juillettiste son premier contrat professionnel au club Brest Bretagne Handball qui lui donnera l’occasion de briller en Ligue des champions, et comme s’il manquait de couleurs au tableau, répond à l’appel de l’équipe de France A pour l’automnal et triomphal Euro 2018. « J’étais encore mineure. J’ai dû demander l’autorisation de participation à mes parents, sourit Pauletta. Commencer jeune donne un temps d’avance d’expérience, à conjuguer bien sûr au travail et à l’accompagnement mental face au doute. Aujourd’hui, à 23 ans, je me dis jeune-vieille avec mes 71 sélections. J’accompagne les nouvelles encore non-initiées aux principes défensifs de l’équipe de France. »

Je n’ai pas la chance de revenir régulièrement dans le Loiret, mais de savoir que des personnes avec qui j’ai commencé le handball me voient en équipe de France, c’est très gratifiant.

Pauletta Foppa

L’or encore ?

Nous enfoncerions une porte ouverte à qualifier la pivot de pilier de la formation nationale. Fidèle à la nature même du poste, en adéquation avec la sienne de 1m77 pour 84 kg, elle ancre ses appuis dans la défense adverse pour physiquement ouvrir un chemin à ses coéquipières, ce lorsqu’elle n’intercepte pas les ballons d’attaque ennemis. Cette ligne imperméable fut l’architecte des victoires au Championnat du monde et JO de Tokyo. « Il me reste à doubler, voire tripler, le plus de titres possible. Quand on a goûté aux médailles d’or, on n’a plus qu’un souhait, celui de réitérer. Nous ferons tout pour à Paris 2024, dans un mélange d’effervescence et de pression, jouer devant notre public à la maison d’une part, puis sous le maillot de favori de l’autre. »

D’autres participants aux JO 2024