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Chrisitan Mbilli

Pour sûr, il ne prend vraiment pas de gants. Christian Mbilli boxe comme un condamné, à croire que le temps lui est compté sur le ring. Fidèle à lui-même, il martèle l’Australien Rohan Murdock jusqu’à l’abandon avant le terme du combat professionnel super-moyens (entre 73 et 76 kg), à Québec le 13 janvier dernier. « Ce soir, je veux lancer le message que je suis le futur de cette catégorie », lance le boxeur français de 28 ans. Un brin présomptueux ? Peut-être pas. Il roule sur la concurrence avec ses 26 victoires, dont 22 par KO, pour, tenez-vous, aucune défaite.

Ses premiers gants, Christian les enfile à 15 ans à l’USM Boxe Montargis où il atterrit quatre ans plus tôt du Cameroun. Ici, au quartier de la Chaussée, la loi du plus fort prévaut. « Quand tu n’as pas de grand-frère, on vient te chercher, encore plus lorsque tu es un gamin en sous-nutrition, confie-t-il à la presse. Je suis finalement devenu le plus fort, tout en me gardant de ramener la police à la maison ou commettre d’infraction. Sans la boxe, j’aurais quand même pu mal finir. De toute façon, je n’imaginais pas mon avenir autre. »

« Solide »

La vie prend ensuite exemple sur son style de jeu, directe, à 100 à l’heure. En quelques mois, il se place déjà troisième cadet français, puis premier. En 2013, il devient champion d’Europe juniors en poids moyens et, à 20 ans en 2015, champion de France amateur. Un an plus tard, à ses couleurs de Montargis s’ajoutent celles de l’équipe de France des JO de Rio. Elle qui a ressuscité la boxe française par ses six médailles emprunte même le surnom de Christian, la « Team solide ». Lui, se classe cinquième. Notons qu’il n’en demeurait pas moins boxeur amateur, ce qui ne durera pas, comme de coutume.

« Au sortir des JO, en 2017, je quitte l’INSEP à Paris (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) pour passer professionnel à Montréal. J’avais besoin de renouveau et mon promoteur canadien a su me proposer des combats. J’enchaîne les victoires avant le gong et commence à réclamer des adversaires d’un autre calibre. » Disons que Christian a cessé le compte des entraînements pour celui des calories. Avec préparation physique le matin séparée de la boxe l’après-midi par des œufs durs, « Solide » le devient davantage. Il gagne assez en masse musculaire pour monter en catégorie super-moyens en 2019 (-76.2kg) jusqu’à tutoyer la limite haute.

À quand la ceinture mondiale ?

Depuis, dans des arènes bondées, le rouleau compresseur à la double nationalité renvoie tous ses challengers dans les cordes. À la hâte, sans qu’Américains, Français, Équatorien, ou encore Australien ne puissent voir le jour. Aujourd’hui, Christian est le seul tricolore classé par les quatre fédérations mondiales de boxe anglaise, numéro 1 WBC et WBA, troisième IBF et quatrième WBO. Si, dans cet alambiqué registre, le site référent BoxRec le place cinquième mondial des super-moyens, le Mexicain Canelo Alvarez demeure le champion du monde de la catégorie. « Je veux l’avoir en face de moi, le défie légitimement Christian. Or, il peut choisir ses adversaires et préfére les combats plus rémunérateurs par leur popularité que ceux à risque de destitution. J’attends mon heure. » Là, a-t-il peut-être trouvé un autre défi contre celui qu’il n’a jamais pris, le temps.

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